Action en cours

Ozone en région Sud : surveillance, évolution et impact sur la qualité de l'air

Contexte

L’ozone est un polluant secondaire : il n’est pas directement émis, mais se forme sous l’effet du soleil à partir d’autres polluants appelés « précurseurs de l’ozone », notamment les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV).

La région PACA est particulièrement exposée à la pollution à l’ozone, avec des concentrations moyennes parmi les plus élevées de France et d’Europe. En 2025, 33% des habitants de la région sont exposés à des niveaux d’ozone ne respectant pas la Valeur Cible pour la protection de la santé (période 2023-2025), soit près de 1,7 millions de personnes. C’est une amélioration par rapport à 2015-2017 et 2010-2012 (70 % de la population exposée).

À l’échelle régionale, les politiques de réduction des précurseurs des 20 dernières années ont permis une baisse de la fréquence et de l’intensité des pics de pollution. Cependant, on observe une relative stabilité des niveaux de fond en ozone (quantité d'ozone habituellement présente dans l'air en été). Ainsi, l’ozone reste une problématique chronique pour l’ensemble de la région.

Suivi régulier des concentrations d’ozone par AtmoSud

Dans ce contexte, AtmoSud s’appuie sur un réseau de stations de mesure de l’ozone sur le territoire régional afin de :

  • Suivre l’évolution des concentrations dans le temps ;

  • Identifier les zones les plus exposées ;

  • Anticiper les épisodes de pollution à l’ozone ;

  • Mettre à disposition des informations compréhensibles pour les citoyens et les décideurs.

Mise en œuvre

Trente sites de mesures permanents assurent le suivi continu des concentrations d’ozone dans différents milieux (urbain, périurbain, rural). Ce dispositif est complété par un modèle de prévision quotidienne méso-échelle, d’une précision d’1 km, couvrant toute la région. Cet outil numérique permet de prévoir chaque jour les niveaux d’ozone sur le territoire régional. Le parc de stations est ajusté chaque année en fonction des besoins.

*SIR : Seuil d’information-recommandations, 180 µg/m³ en moyenne horaire pour l’ozone.

Répartition des concentrations annuelles d’ozone en région Sud (cartes 1 et 2 ci-dessus)

  • Sur une large partie de la région, les niveaux de concentration en ozone dépassent la Valeur Cible pour la protection de la santé (seuil européen de 120 µg/m³ en maximum journalier de la moyenne sur 8h, à ne pas dépasser plus de 25 jours par an) ;

  • La population des départements du Var et des Alpes-de-Haute-Provence est la plus exposée à la pollution photochimique (plus de 50% de leur population dépasse le seuil), alors que les Hautes-Alpes frôlent la valeur cible à l’ozone, mais sans la dépasser.

  • Les valeurs sont plus faibles dans les vallées alpines éloignées des grands pôles émetteurs, ainsi que dans certaines zones urbaines ou traversées par une autoroute, où les niveaux d’ozone restent inférieurs car :

    • L’ozone n’a pas encore atteint son maximum de formation avant de migrer vers les zones voisines.

    • L’ozone produit est réintégré dans d’autres réactions chimiques produisant d’autres formes de pollutions oxydantes (dioxyde d’azote, aérosols organiques secondaires). Dans ce cas, des niveaux d’ozone plus faibles ne signifient pas qu'il y ait moins de pollution oxydante, mais simplement que cette dernière est sous une forme chimique différente.

  • La ligne directrice de l’Organisation mondiale de la santé (60 µg/m3 en pic saisonnier) est aussi dépassée sur toute la région. En effet, l’ozone atteint habituellement ses niveaux les plus élevés en période ensoleillée. Le pic saisonnier permet de suivre l’évolution de cette pollution pendant les 6 mois où elle est la plus importante. Malgré son nom, cet indicateur ne mesure pas seulement les épisodes de pollution, il reflète surtout le niveau de fond estival en ozone.

Tendance de la pollution à l’ozone sur 30 ans en région Sud (graphe 1 ci-dessus)

  • L’ozone est le seul des polluants principaux dont la moyenne ne baisse pas sur la région.

  • Les rapports PREPA (Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques) et Ineris prédisent un effet aggravateur du changement climatique sur les concentrations en ozone, du fait d’une augmentation de la fréquence de conditions météorologiques favorisant la photochimie.

  • À l’inverse, la fréquence et l’intensité des pics de pollution à l’ozone diminuent avec le temps. Le nombre de jours où est observé un dépassement du seuil d’information-recommandations baisse sur les vingt dernières années.

Tendance des émissions de précurseurs de l’ozone en région Sud

Les précurseurs anthropiques sont en baisse et concentrés sur quelques communes.

Émissions d’oxydes d’azote (NOx)
  • Elles sont généralement en baisse sur la région et sont principalement concentrées sur les zones urbanisées du sud (trafic routier, transport maritime, industries).

  • Sur la zone de l’étang de Berre, les oxydes d’azote proviennent principalement du secteur maritime et de l’industrie. Depuis 2007, la diminution des émissions totales de NOx est principalement liée à l’industrie. En revanche, il n'y a pas de diminution, voire une tendance à l'augmentation des émissions de NOx du secteur maritime.

Émissions de Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COVNM)
  • La végétation naturelle est la principale source d’émissions de COVNM en région Sud. Cette part est stable sur les dernières années. Les émissions anthropiques, elles, sont en baisse sur la région : -50% depuis 2007. Le secteur résidentiel représente près de la moitié des émissions anthropiques de la région (46%), suivi de l’industrie (35%), de la production d’énergie (8%), et du transport routier (6%) (Source : données CIGALE).

  • Sur la zone de l’étang de Berre, les COV proviennent principalement des émissions anthropiques, notamment de l’industrie, hors production d’énergie (37%) et des industries production d’énergie (24%). La végétation représente 17% des émissions.

Les attentes exprimées par les riverains auxquelles cette action répond :

Clés pour comprendre
Panorama de territoire
Le SPPPI relaie ici les données et résultats produits par les porteurs des actions (organismes, institutions, entreprises …). Ces porteurs sont responsables de la réalisation, des délais, des résultats et de la communication de leurs actions.
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