Liens entre changement climatique et santé

Le changement climatique entraîne des conséquences de plus en plus visibles sur la santé humaine. Les vagues de chaleur, la pollution de l'air, les maladies transmises par certains insectes ou encore l'aggravation des allergies constituent autant de risques sanitaires en augmentation. Comprendre les liens entre changement climatique et santé permet d'anticiper ces impacts et d'adapter les territoires comme les comportements individuels.

Les effets directs du changement climatique sur la santé

Surmortalité liée aux vagues de chaleur et aux canicules

Sur la période 2014-2023, 10 541 décès en excès ont eu lieu pendant les périodes de canicules qui ont duré entre 3 et 16 jours selon les cas.

Source : Santé publique France.

Avec la hausse des températures, les vagues de chaleur et les canicules sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses. En France, la température moyenne a augmenté de 2,2 °C entre 2015 et 2024 par rapport à l’ère préindustrielle, et le nombre de vagues de chaleur s’accélère depuis les années 2000, selon Météo-France. En région PACA, les températures dépassent nettement les normales de référence 1961-1990 : +1,9 °C pour les minimales et +2,8 °C pour les maximales.

En milieu urbain, cet enjeu est renforcé par des températures souvent plus élevées qu’en zone rurale, en raison du phénomène d’îlot de chaleur urbain. La densité du bâti, le manque d’espaces verts ainsi que le choix et la couleur des matériaux absorbant la chaleur (bitume, béton), contribuent à stocker la chaleur en ville. Celle-ci est ensuite restituée pendant la nuit, limitant le refroidissement de l’air.

Cette exposition accrue à la chaleur a des conséquences directes sur la santé des populations. Elle augmente les risques de malaises, de déshydratation, d’hyperthermie, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ainsi que les pics de mortalité. Santé publique France recense plus de 10 000 décès en excès pendant les canicules sur la période 2014-2023.

Les plus vulnérables sont les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de pathologies chroniques. Toutefois, certains facteurs individuels, comme l’isolement, la précarité, le travail en extérieur, et certains facteurs environnementaux, comme l’absence de rafraîchissement nocturne, la pollution, la densité du bâti ou le manque d’espaces verts, renforcent les impacts et les inégalités face aux risques sur la santé.

Impacts des évènements climatiques extrêmes sur la santé physique et mentale

Le changement climatique peut accentuer les catastrophes naturelles — crues, inondations, incendies — et augmenter le nombre de personnes touchées, de blessés et de décès. Ces événements ont aussi des effets durables sur la santé mentale, en raison des traumatismes vécus et des bouleversements sociaux et économiques qu’ils provoquent : état de stress post-traumatique, troubles dépressifs, troubles anxieux, phobies, etc. Ils peuvent également favoriser le développement de l’écoanxiété, liée à l’inquiétude face aux changements environnementaux, et de la solastalgie, sentiment de détresse provoqué par la transformation ou la dégradation de son cadre de vie.

La région PACA est particulièrement exposée à ces phénomènes extrêmes : elle figure parmi les régions françaises les plus concernées par le risque de feux de forêt. Elle fait également face à une augmentation des périodes de sécheresse et à des épisodes de pluies extrêmes. Dans les départements alpins, ces épisodes favorisent les mouvements de terrain, susceptibles d’entraîner des coupures de routes, et d’importants dégâts matériels, notamment sur les habitations.

Ressource en eau et risques sanitaires

Les sécheresses, les pluies extrêmes, la diminution des précipitations estivales, de l’enneigement/précipitations neigeuses, et l'élévation du niveau de la mer modifient le cycle de l'eau. À long terme, ces phénomènes peuvent fragiliser la disponibilité et la qualité de la ressource en eau (salinisation, prolifération excessive d’algues, réchauffement), perturber les réseaux d'assainissement et favoriser certaines contaminations bactériennes.

Les répercussions sur les systèmes agricoles sont déjà visibles : baisse de rendement, remise en cause de la filière, recherche de diversification, et par conséquent sur la qualité de notre alimentation et la santé des populations.

Les effets indirects du changement climatique sur la santé

Pollution de l’air et changement climatique

Carte de l’ozone en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le 29 juin 2019, en pleine canicule.

Les procédures d’alerte de niveau 2 pour la pollution à l’ozone (vigilance renforcée tout public - dispositif préfectoral) sont alors appliquées dans l’ensemble des départements de la région excepté pour les Hautes-Alpes.

Source : La santé face au changement climatique en région Provence-Alpes-Côte d’Azur – GREC Sud, selon les données d’AtmoSud, 2019.

Le changement climatique favorise les épisodes de pollution à l'ozone, particulièrement en région PACA où l'ensoleillement est important. Associée aux feux de forêt, cette pollution aggrave l'asthme et les maladies respiratoires. La pollution de l'air demeure la première cause de mortalité environnementale dans la région. Lors des pics de pollution, des recommandations sanitaires existent pour limiter l’exposition des populations les plus vulnérables, mais elles demeurent insuffisamment connues.

Maladies infectieuses et nouveaux risques sanitaires

Les transports mondiaux plus rapides et plus nombreux contribuent à la diffusion de certains vecteurs de maladies. Le changement climatique peut également renforcer cette dynamique : la hausse des températures favorise leur développement, étend leurs aires de distribution et peut accélérer le développement de certains agents pathogènes. C’est notamment le cas :

  • Du moustique tigre, responsable de la transmission du chikungunya, de la dengue et du Zika. Désormais présent dans 81 départements métropolitains sur 96 en 2025. En PACA, il est présent presque partout, hors zones montagneuses, de mai à octobre.

  • Des tiques, qui voient leur période d’activité s’allonger, augmentant certains risques infectieux comme la maladie de Lyme (47 000 cas en 2021, selon Santé publique France).

Croissance des réactions allergiques

Le changement climatique favorise les allergies aux pollens : périodes de pollinisation plus longues, hausse du CO2 stimulant la production de pollen, extension d’espèces allergisantes et envahissantes comme l’ambroisie. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), près de 30 % des Français sont concernés par ces allergies. Dans le sud-est, le pollen de cyprès est la première cause d’allergie respiratoire urbaine.

Des leviers pour s’adapter aux risques sanitaires du changement climatique

  • Adapter l'aménagement du territoire en tenant compte des risques climatiques. Le Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC 3) demande aux collectivités d’intégrer dans tous leurs documents d'urbanisme la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation (TRACC), basée sur un réchauffement de +4°C en 2100. Elles peuvent ainsi limiter les constructions en zones à risque ou exiger des infrastructures résilientes ;

  • Développer des îlots de fraîcheur, végétaliser les villes et désimperméabiliser les sols (supprimer le bitume ou le béton) ;

  • Renforcer les systèmes de surveillance, d'alerte et de prévention comme le Plan national de gestion des vagues de chaleur ;

  • Protéger les populations les plus vulnérables face aux risques sanitaires,

  • Développer des solutions fondées sur la nature pour limiter les impacts des sécheresses, inondations et vagues de chaleur.

  • Développer une culture commune des risques sanitaires liés au changement climatique et des gestes de prévention et de protection (lutte contre le moustique-tigre, recommandations sur l’ozone, chauffage au bois…).


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