L'éolien en mer
L’éolien en mer et la transition énergétique
En 2023, le mix énergétique français dépend à près de 60% des énergies fossiles. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut baisser la consommation d’énergie et sortir des combustibles fossiles.
Selon la Stratégie Nationale Bas-Carbone, la consommation d’énergie en France doit baisser de 40% entre 2021 et 2050. En parallèle, la consommation d’électricité produite sans combustibles fossiles doit augmenter de +30%. Parmi les sources d’énergies renouvelables, l’État français souhaite développer l’éolien en mer.
Au 31 mars 2026, le parc éolien en mer français a atteint une puissance de 2,3 GW (gigawatts), soit une augmentation de 12% par rapport à la fin de l’année 2025. À ce jour, cinq parcs sont raccordés en France : Saint-Nazaire, Fécamp, Saint-Brieuc, Provence Grand Large et Yeu Noirmoutier.
Dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 2026-2035, l’État prévoit le lancement de nouveaux appels d’offres pour poursuivre le développement de l’éolien en mer et atteindre 15 GW de puissance mise en service en 2035. La Stratégie Nationale Bas-Carbone prévoit le développement de 45 GW d’éolien en mer en 2050, qui fournira environ 20% de la production électrique.
L’éolien en mer
Les éoliennes installées en mer sont plus imposantes et fournissent plus d’énergie par machine que les éoliennes terrestres, grâce à des vents plus puissants et plus réguliers. En effet, les éoliennes en mer ont une puissance de 6 à 15 MW (mégawatts) actuellement (avec des perspectives de puissance dépassant les 20 MW dans les prochaines années) alors que les éoliennes terrestres ont une puissance maximale de 3 à 4 MW. En revanche, la fabrication, l’installation et la maintenance des éoliennes en mer sont plus complexes et plus coûteuses que pour les éoliennes terrestres.
En mer, une éolienne peut :
Être posée sur le fond marin grâce à des fondations jusqu’à environ 50 m de profondeur : c’est la technologie de l’éolien posé ;
Reposer sur une base flottante ancrée aux fonds marins au-delà de 50 m de profondeur : c’est la technologie de l’éolien flottant.
L’éolien posé est une filière techniquement plus éprouvée et économiquement plus compétitive que l’éolien flottant. L’éolien flottant est en développement et atteint actuellement un stade commercial. Pour le moment, l’éolien flottant a des coûts de production près de deux fois supérieurs à l’éolien posé, mais il est attendu une réduction significative de cet écart dans les prochaines années.
L’éolien posé
Dans un parc éolien posé en mer, les éoliennes sont reliées par des câbles à une sous-station électrique en mer qui achemine l’énergie, via des câbles d’export vers une sous-station électrique à terre.
Trois types de fondation sont utilisés en fonction des caractéristiques du site et de la nature des sols :
Fondation monopieu : un tube en acier est enfoncé dans les parties dures du sous-sol marin ;
Fondation jacket : une structure métallique en treillis repose sur 3 ou 4 pieds ancrés au sol marin ;
Fondation gravitaire : composée d’une large base en béton.
Les éoliennes posées sont de plus en plus hautes, ce qui permet d’augmenter leur rendement énergétique. Elles semblent toutefois avoir atteint un palier en raison de la hausse des coûts de fabrication et de manutention lors de l’assemblage des éléments en mer.
En France, les parcs éoliens posés en mer s’étendent sur des superficies allant de 60 à 300 km², et comprennent entre 46 et 80 éoliennes. Ils sont implantés entre 10 et 43 km des côtes.
L’éolien flottant
L’éolienne flottante est construite et assemblée dans un port, puis remorquée jusqu’au lieu de production. Elle est ensuite reliée au fond marin par des lignes d’ancrage.
L’éolien flottant inclut plusieurs technologies de flotteurs :
Flotteur avec ancrage à lignes tendues : le flotteur est relié au fond marin grâce à des lignes d’ancrage tendues permettant de le maintenir plus immergé que sa ligne de flottaison naturelle. Les lignes d’ancrage doivent résister à des forces importantes dues à la tension, en plus des efforts de dérive. C’est cette technologie qui est utilisée pour le projet pilote Provence Grand Large mis en service en 2025 au large du golfe de Fos.
Flotteur de type « bouée crayon » (plateforme SPAR) : Un seul flotteur repose sur une colonne verticale, et est immergé et fixé par ancrage au sol marin. Cette structure est souvent ballastée (c'est-à-dire alourdie par des poids importants, appelés ballast) pour assurer sa stabilité.
Flotteur semi-submersible : Le flotteur est souvent composé de plusieurs colonnes assurant la flottaison et la stabilité, connectées entre elles par des structures tubulaires. Les lignes d’ancrage doivent principalement résister aux efforts de dérive.
Barge : cette technologie est similaire à celles des flotteurs semi-submersibles. Sa stabilité est assurée par sa masse et un système de ballast.
En fonction de la technologie utilisée pour le flotteur, les lignes d’ancrage doivent être plus ou moins tendues. Différents types d’ancres existent également : ancre à draguer, ancre gravitaire, pieux ou ancre à succion.
L’éolien flottant a pour intérêt principal de capter l’énergie du vent sur des zones non accessibles par l’éolien posé du fait de leur grande profondeur.