Limiter les émissions atmosphériques liées au traitement des déchets ménagers
Exemple du site EveRé à Fos-sur-Mer
Du traitement à la valorisation des déchets
Le Centre de Traitement Multifilière de déchets ménagers d’EveRé à Fos-sur-Mer – Groupe URBASER – traite 18 communes au sein de la Métropole Aix-Marseille-Provence, ce qui représente plus de 400 000 tonnes de déchets ménagers traités et valorisés chaque année.
La réception des déchets
En moyenne, 1 100 tonnes de déchets sont reçues par jour. 90% acheminés par trains et 10 % par camions.
Le tri des déchets
L’unité de tri automatisé permet de séparer :
La matière organique (restes alimentaires, déchets de jardin, etc.) et la matière combustible (films plastiques, etc.), envoyées vers les unités dédiées du centre EveRé ;
Les matériaux recyclables (métaux ferreux, aluminium, bouteilles plastiques), envoyés vers les filières de recyclage adaptées.
La valorisation organique
La matière organique est valorisée par méthanisation :
Des micro-organismes dégradent la matière organique en l’absence d’oxygène, ce qui forme un gaz combustible à haute teneur en méthane, le biogaz.
Jusqu’à 55 000 tonnes de déchets organiques sont méthanisés chaque année, produisant 7 millions de m3 de biogaz par an, valorisés sous forme d’électricité verte (mise sur le réseau EDF) et sous forme de chaleur (réutilisée en interne).
La matière organique est valorisée par compostage :
En sortie de méthanisation, la matière organique est transformée en compost après déshydratation, séchage, maturation et affinage.
Les 20 000 tonnes de compost produites par an sont utilisées comme fertilisant dans les exploitations agricoles voisines du site.
La valorisation énergétique
La matière combustible est valorisée par traitement thermique :
Le traitement thermique consiste en la combustion des déchets dans 2 fours-chaudières, la récupération de la chaleur dégagée, et sa transformation en électricité grâce à un turbo-alternateur.
Les 370 000 tonnes environ de déchets valorisés chaque année produisent 200 GWh d’électricité par an, soit la consommation annuelle d’une ville de 75 000 habitants.
Les exigences réglementaires
Les limites d’émissions de l’unité de valorisation énergétique sont fixées par arrêté préfectoral d’exploitation du 18/06/12 et arrêté ministériel du 12/01/21 :
Monoxyde de carbone : 50 mg/Nm3
Carbone organique total : 6 mg/Nm3
Poussières : 5 mg/Nm3
Acide chlorhydrique : 8 mg/Nm3
Acide fluorhydrique : 0,8 mg/Nm3
Dioxyde de soufre : 40 mg/Nm3
Oxydes d’azote : 80 mg/Nm3
Ammoniac : 10 mg/Nm3
Mercure : 20 µg /Nm3
Cadmium et thallium : 0,02 mg/Nm3
Étain, arsenic, plomb, chrome, cobalt, cuivre, manganèse, nickel, vanadium : 0,3 mg/Nm3
Dioxines et furannes : 0,08 ng/Nm3
Le traitement des fumées et des odeurs
Le traitement des fumées de l’unité de valorisation énergétique
Le traitement des fumées se déroule en 3 étapes :
En sortie de chaudière, les fumées sont dirigées vers une tour de lavage : neutralisation des gaz acides par injection de lait de chaux, et captage des dioxines et des métaux lourds par du charbon actif.
Les fumées passent ensuite à travers un filtre à manches où sont récupérées toutes les particules solides (poussières de combustion, charbon actif, sels issus de la neutralisation des gaz acides), qui sont ensuite évacuées du site pour être traitées dans des installations extérieures adaptées.
En sortie du filtre à manches, les fumées subissent un traitement catalytique avec injection d’ammoniaque qui détruit les molécules d’oxydes d’azote et les éventuelles dioxines résiduelles.
La qualité des fumées est contrôlée suivant plusieurs modalités :
En continu avec remontée en temps réel des informations dans la salle de contrôle ;
Par un système de prélèvement en continu des dioxines, avec analyse mensuelle par un laboratoire externe accrédité ;
Par des contrôles programmés ou inopinés de l’Inspection des Installations Classées.
Le traitement de l’air de tous les bâtiments contenant des déchets
Dans les bâtiments contenant des déchets, l’air est aspiré en permanence et envoyé vers les biolfiltres composés d’écorces d’arbres, de fibres de coco et de tourbe.
Les molécules odorantes y sont piégées par les bactéries présentes dans ces éléments naturels. Ces biofiltres permettent de traiter jusqu’à 500 000 m3 d’air par heure.
Des contrôles fréquents sont réalisés sur la qualité de l’air autour du site par des « jurys de nez », afin d’attester de l’absence de nuisances olfactives pour les riverains.
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Concentrations moyennes mensuelles 2025 et limites réglementaires d’émissions de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote, de poussières et de dioxines au niveau de l’unité de valorisation énergétique du site d’EveRé de Fos-sur-Mer
Dépassements des limites réglementaires d’émissions depuis 2010
Conformément à la réglementation, en cas de valeur supérieure à une limite d’émission lors d’un contrôle réglementaire ponctuel, inopiné ou non, une communication est systématiquement transmise à la DREAL. Une vérification du process est alors effectuée et un laboratoire externe accrédité COFRAC est immédiatement mandaté pour réaliser des contre-analyses dans les plus brefs délais.
L’ensemble de ce suivi est intégré annuellement dans un bilan Environnement communiqué aux services de l’Etat et aux membres du Comité de Suivi de Site (Préfecture, DREAL, associations environnementales, SDIS, ARS, ATMOSUD…).
Depuis le démarrage du site, l’ensemble des suivis et des mesures a permis d’attester du respect des flux annuels maxima fixés par la réglementation.
Accessibilité des résultats
L’ensemble des résultats d’émissions de l’unité de valorisation énergétique depuis 2010 sont disponibles sur le site d’EveRé :
Surveillance en continu des émissions de l’unité de valorisation énergétique
Surveillance des émissions de dioxines par un système de prélèvement en continu
Ces résultats sont partagés lors des commissions de suivi de site.
(Mise à jour le 09/03/2026)
Les attentes exprimées par les riverains auxquelles cette action répond :
- Clés pour comprendre