Les PFAS dans l’air : Quelles mesures ? Quel suivi ?
Les PFAS : c’est quoi ?
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, constituent une large famille de de plusieurs milliers de molécules organiques fluorées.
Résistants aux températures élevées, aux UV, imperméabilisantes, les PFAS sont largement utilisés depuis les années 1950 dans divers domaines industriels dans de nombreux produits de consommation courante.
Les PFAS sont des molécules très persistantes en raison de leur liaison carbone-fluor très difficile à casser. Les PFAS sont largement répandus dans l’environnement et bioaccumulables. Ils sont aussi appelés « polluants éternels ».
L’ensemble de la population est exposé aux PFAS, par l’alimentation, l’eau de consommation, l’air intérieur et extérieur, les poussières et les sols contaminés.
Les travaux de recherche menés sur certains PFAS indiquent qu’ils peuvent être toxiques à faibles concentrations. En décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA (acide perfluorooctanoïque) comme « cancérogène pour l’Homme » et le PFOS (sulfonate de perfluorooctane) comme « peut-être cancérogène pour l’Homme ».
Mesure des PFAS dans les émissions atmosphériques des incinérateurs
Le plan d’action interministériel sur les PFAS d’avril 2024 impose une campagne de mesure des PFAS dans les rejets atmosphériques des installations classées pour la protection de l’environnement d’incinération et de co-incinération de déchets.
Les incinérateurs ont l’obligation d’utiliser l’unique méthode fiable et normalisée qui existe actuellement pour mesurer les PFAS dans des rejets atmosphériques. Elle permet de mesurer 49 PFAS, dont les plus préoccupants comme le PFOA ou le PFOS. Cette méthode permet de faire des mesures ponctuelles. Actuellement, il n’existe pas de méthode éprouvée pour mesurer en continu les PFAS dans les rejets d’installations industrielles. Les analyses doivent être réalisées par des laboratoires accrédités (peu nombreux sur le territoire national) selon les méthodes normalisées de référence.
Sur l’arrondissement d’Istres, 3 installations sont concernées : Solamat Merex à Rognac et à Fos-sur-Mer, Kem One à Fos-sur-Mer.
L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a publié des valeurs toxicologiques long-terme par inhalation (quantité dans l’air au-delà de laquelle il pourrait être constaté des effets sur la santé) pour 3 PFAS (PFHxA, PFBA, 6:2 FTSA). En PACA, les rejets des incinérateurs (directement à la cheminée) constatés jusqu’à présent sont inférieurs aux valeurs toxicologiques disponibles.
Mesure des PFAS dans l’air ambiant
À ce jour, il n’existe pas de méthode de mesure standardisée pour les PFAS dans l'air ambiant. L’INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques) travaille sur le développement d’une méthode d’analyse des PFAS dans l’air dans le cadre du plan d’action interministériel sur les PFAS. La grande diversité de PFAS et leurs faibles concentrations dans l’atmosphère de l’ordre du picogramme (1 picogramme/m3 = 0,000 000 000 001 g/m3) rendent le mesurage difficile.
Très peu de données sont disponibles concernant les PFAS dans l’air ambiant. Depuis 2023, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes déploie un travail d’investigation sur les PFAS dans l’air ambiant, permettant de fournir de premiers ordres de grandeur des concentrations des PFAS dans l’air dans la région lyonnaise.
Des contrôles de la présence de PFAS sont déjà effectués pour d'autres matrices : l’eau de consommation, les sols, les milieux aquatiques, les denrées alimentaires.