Projet Réponses - Réduire les POllutioNs en Santé Environnement

Désindustrialisation : savoir se passer de la chimie et du pétrole

Point de vue des industriels

Février 2021

L’enjeu est de transformer l’industrie pour réduire son impact environnemental tout en continuant à bénéficier de son apport à la société.
La désindustrialisation revient à exporter « nos problèmes » plutôt que de les régler, et perdre la capacité de produire local en faisant vivre le tissu économique local.

Si la décarbonation des activités est nécessaire pour maîtriser le changement climatique, cela ne signifie pas à court terme « se passer de chimie et de pétrole ». La chimie est et restera une science indispensable qui permet d’apporter des solutions bénéfiques au développement durable.

La question « savoir se passer de la chimie et du pétrole » est en l’état trop vaste et doit être traitée à plusieurs niveaux :

  1. « Savoir se passer de la chimie et du pétrole » ne signifie pas « désindustrialisation ». Il y aura toujours des industries (sinon cela signifiera que la société est en régression). En revanche, dans le futur les industries, qu’elles soient chimiques ou autres, utiliseront d’autres matières premières et d’autres procédés.
  2. Concernant la question du pétrole, notre société occidentale doit s’inscrire dans une démarche de développement durable. Cela passe par une transition des énergies fossiles aux énergies renouvelables, de même des matières premières fossiles aux matières premières renouvelables ou recyclées. À terme il faudra effectivement savoir se passer du pétrole, pour autant que des alternatives plus vertueuses soient disponibles.
  3. La question de la chimie est distincte. Que les matières premières soient renouvelables ou fossiles, la chimie est et restera l’art de transformer la matière (quelle que soit son origine) pour concevoir des matières et molécules utiles (matériaux légers, isolants, médicaments, etc.). La chimie innove en permanence pour répondre aux défis de demain : 
  • Allègement et amélioration des matériaux pour avoir des véhicules et des avions plus légers, mais aussi des habitats mieux isolés, afin de réduire la consommation énergétique ;
  • Produits biosourcés (c’est-à-dire fabriqués à partir de matières premières végétales) ;
  • Énergies nouvelles pour réduire l’impact sur le climat : développement des batteries électriques, panneaux photovoltaïques, production d’hydrogène ;
  • Solutions pour le recyclage des déchets, des plastiques, mais également des granulats routiers, des piles, des ampoules ou encore des vêtements usagés.

L’enjeu est de transformer l’industrie pour réduire son impact environnemental tout en continuant à bénéficier de son apport à la société.

Cette transformation est engagée depuis de très nombreuses années. En effet, la Chimie innove continuellement pour réduire l’empreinte de ses activités et en minimiser les impacts environnementaux de façon durable.

La recherche et le développement des technologies sont actifs dans le domaine des énergies renouvelables, avec sur le territoire des expérimentations et démonstrateurs préindustriels comme VASCO2 ou JUPITER 1000.

Beaucoup moins de rejets dans l’air sur la zone de Fos-Etang de Berre (basée sur les données entre 2005 et 2015) :

  • Réduction de 53% des émissions de NOx ;
  • Réduction de 65% des émissions de particules ;
  • Réduction de 46% des émissions de COV ;
  • Réduction de 70% des émissions de SOx.

Un lien peut être observé entre la diminution des émissions industrielles et la diminution des niveaux de polluants dans l’air sur le territoire.

La Chimie s’engage également en matière de Responsabilité Sociétale et Environnementale (RSE) : en France, 386 établissements ont notamment signé la charte Responsible Care, l’engagement volontaire des entreprises de la Chimie au niveau mondial pour développer la RSE et favoriser l’amélioration continue des performances en matière de santé, sécurité et d’environnement.

Point de vue des associations

Avis de l'association Eco-Relais

Décembre 2019

Une désindustrialisation est incompatible avec notre croissance économique actuelle. Elle signifierait décroissance et/ou délocalisation ce qui ne serait pas une solution.

Nous souhaitons des industries plus conformes aux attentes des riverains : développement de produits plus vertueux (santé et environnement) et baisse de leurs consommations d’énergies.

Pour ce qui est de la « chimie », c’est un procédé indispensable, de transformation et d’interaction de la matière, qui n’est pas forcément néfaste surtout si elle est bien « encadrée ».

Pour ce qui est du pétrole, il faut en effet préparer et se préparer à des alternatives de carburants et de matières synthétiques.

Avis de l'association FARE Sud

Décembre 2019

Concernant la désindustrialisation, FARE SUD considère qu’il est irréaliste de vouloir se passer de la chimie, mais également qu’il n’est pas raisonnable de continuer à brûler les énergies fossiles, celles-ci pouvant être transformées en d’autres produits nobles.

  • La conciliation de l'environnement et de l'industrie par recherche du meilleur process et la mise en place de mesures compensatoires environnementales lorsque le process ne peut pas être modifié ou corrigé par économie circulaire, doit être réalisé.
  • Le contrôle et la vigilance permanents du suivi des futures actions concrètes correctives doivent être renforcés notamment par une incitation à un peu plus de rigueur de la part des Services de contrôle de l'État.

Ils devraient éviter à la France de se voir condamnée une fois de plus dans le futur pour le non-respect des normes de rejet qu'elle a elle-même fixées et signées, mais qu'elle ne sait pas faire respecter.

  • La participation critique constructive aux structures de création, de suivi et de concertation des entreprises classées pour l'environnement doit être systématique.
  • La diffusion en alerte aux acteurs, puis, si rien ne bouge, en dernier ressort au public, par tous moyens y compris par d'éventuels recours, de nos divergences d'appréciation sur le respect des mesures, normes et procédures permettant de limiter, réduire ou supprimer les facteurs de pollution ainsi que des difficultés auxquelles nous sommes confrontés pour obtenir des solutions concrètes en cas de constatation de réelle volonté de cacher les informations ou de les manipuler, d'ignorer sciemment les conséquences des rejets sur la santé et d'écrire des contre-vérités dans les dossiers de concertation, demeure une constante.

Le développement de produits plus vertueux aux plans santé et environnement est toujours recherché par les industriels, mais pas toujours réalisable. Par exemple la fabrication de produits anticancéreux, en cas de fuite dans l’atmosphère, peut s’avérer toxique pour les bien-portants.

Les exemples pullulent.